Quand le passé libère le présent pour délivrer le futur

Le temps qui passe semble pressé, il nous pousse vers un avenir déjà  présent tout en figeant chaque instant dans le passé. Et si la réalité était toute autre ? Et si nous avions la possibilité de défier sa dimension ? Que notre existence ne soit pas limitée à l’instant du présent.

La fête de Pessah vient chambouler notre quotidien. Elle casse nos habitudes jusqu’à notre alimentation et nous plonge dans un passé ancestral. Elle nous parle de libération alors que nous sommes enchainés à nos obligations de plus en plus chaque jour.

Nous réaliser, grandir, murir, atteindre nos buts, construire nos vies… Pour cela, il nous faut investir chaque jour, chaque heure. A chaque moment de vie il nous faut être pleinement présent.

Il nous faut « avoir du temps », « ne pas perdre notre temps », ou mieux encore « gagner du temps » et parfois l’inverse « prendre notre temps ».

Autant d’expressions qui révèlent notre dépendance au temps. Cette course vers nos objectifs quels qu’ils soient masque notre réalité essentielle. Elle freine notre liberté et nous entrave un peu plus chaque jour.

Pessah vient nous remettre dans un processus d’auto-libération. Car la fête et ses pratiques sont les symboles d’une lutte constamment renouvelée à l’intérieur de nous même, et dont le but est de créer cette liberté si désirée.

La Matza

Emblématique de la fête de Pessah, la Matza est aussi liée au temps puisque son statut n’est plus le même si sa pâte a levé plus de 18 minutes; elle est alors hametz et interdite à la consommation pendant Pessah.

Elle est aussi vérité de par son apparence car elle ne se présente pas gonflée et pleine de mie à l’image du pain, qui lui, mime le mensonge. Elle n’est pas non plus enrichie d’huile, de miel, ou d’autres substances. Elle est elle même. Tout le contraire de l’arrogance, elle est l’humilité.

Notre monde, notre environnement, nos inspirations, ne sont qu’illusion si nous n’y insufflons pas la spiritualité nécessaire à leur élévation.

La crainte,  l’orgueil, l’impatience, l’égo… font obstacle à toute interprétation réelle et logique de la réalité et transforment notre vision des choses empêchant ainsi notre liberté et notre foi véritable.

L’argent, le stress, le travail, nos obligations, les enfants, la réussite, l’éducation…sont autant de domaines pour lesquels nous nous battons chaque jour. Et nous pensons n’avoir jamais assez de temps pour le faire comme nous le souhaiterions. Un travail à rendre dans les temps, une obligation à finir à temps, un enfant qui grandit trop vite, un autre qui prends son temps, un embouteillage qui nous fait perdre trop de temps, un ado qui tue le temps…, le temps presse et nous oppresse.

Dans chaque génération un homme doit se considérer comme s’ il avait été lui même libéré d’Egypte

Chaque jour nous devons personnellement sortir d’Egypte, nous devons échapper aux limites, aux tentations et aux obstacles que notre existence physique dresse sur le chemin de nos vies spirituelles.  Nous devons nous efforcer d’être vérité pour atteindre le but d’une finalité qui nous dépasse et qui pourtant nous habite pleinement.

C’est un ordre de tous les jours ! Et nous avons cette capacité a revivre une chose passée comme si c’était le présent. Oui nous sommes limités physiquement dans le temps et l’espace mais par l’esprit nous pouvons voyager sans limite, et plus notre spiritualité augmente, plus fortes sont nos possibilités.

Pessah vient nous rappeler notre essence.  Qui nous sommes, notre attachement à Dieu, Sa force qui est en nous. Nous sommes passés d’esclaves à hommes libres en une seule nuit. Nous lisons la Haggada, nous en parlons à nos enfants, nous revivons le passé comme si nous y étions, nous franchissons les barrières du temps. La mémoire et l’imagination transforment ces souvenirs en expérience et deviennent notre réalité. L’influence de la fête est alors à son apogée, et si nous sommes capables de vivre ce moment intensément nous pouvons nous servir de l’énergie qui en ressort et appréhender la vraie mission qui nous incombe. En prenant conscience de ce que nous devons accomplir tout le reste devient secondaire et la valeur temps n’est plus la même !

A chaque instant nous pouvons renouveler nos vies ! Rien n’est perdu, rien n’est raté, rien n’est fini…tout vient de Dieu. 

Il ne faut pas avoir peur du temps qui passe. La peur ultime doit être la grandeur de Dieu, à partir de là toutes les autres peurs deviennent minimes. Il nous faut être dans l’action en observant Ses commandements et ainsi transformer les ténèbres en lumières. Orienter notre vie vers notre mission spirituelle, considérer tout ce qui arrive comme un tremplin, une chance que Dieu nous donne de transformer notre nature pour ainsi mieux influencer le monde et hater la venue du Mashiah !!!! Quand on y pense lui aussi est lié au temps. Nous l’attendons et il attends…

En espérant que chacun de nous puise la force et l’énergie nécessaire pour transcender le temps qui lui est imparti. Bonne fêtes de Pessah Casheres et heureuses 😉

Etre proche de ceux qui souffrent, un mérite au delà de tout.

L’amour du prochain n’est pas seulement une émotion, il s’agit...

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