Quand l’amour rayonne

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Une Torah de Lumière !

Chaque semaine nos foyers sont éclairés par les bougies de chabbath. Tous savent ce qu’est une Ménorah, symbole du Temple juif. Quant à Hanouka, qui de nos jours ne connaît pas cette fête lumineuse ? Mais quelle est la véritable notion de la flamme, si présente dans notre judaïsme ?

Que représente réellement l’allumage ?

Il est un fait certain que chacune de nos mitsvot génère dans ce monde une lumière. Que celle-ci soit métaphorique n’enlève en rien l’obscurité qu’elle repousse dans notre réalité. En effet, faire le bien autour de soi en donnant la Tzedaka par exemple, est un acte rempli de lumière. Pour celui qui donne autant que pour celui qui reçoit, la satisfaction est perceptible ! Répandre la lumière, c’est l’essence même de notre mission sur terre. Chaque fois que l’on accomplit une mitsva, c’est comme si on allumait une bougie.

Parallèlement il y a la flamme physique qui doit être dissociée de son rayonnement. D’un coté il y a la flamme et de l’autre il y a le fait que la flamme éclaire. C’est là un seul état mais pour deux raisons différentes. La Torah met clairement le doigt sur cette dissociation. Il y a un impact spirituel dans l’action d’allumer une bougie pour sa flamme. C’est le cas par exemple pour une bougie allumée dans une synagogue, pour le respect de l’endroit. Il nous sera impossible de faire une bénédiction comme celle de la avdalla car elle n’a pas été allumée dans le but d’éclairer mais pour la flamme elle-même.

Trois bougies, trois niveaux, un rayonnement

Source de lumières dans nos vies, il existe dans la Torah différentes raisons d’allumer une bougie pour éclairer.

Il y a la bougie de chabbath, une flamme qui éclaire et apporte la paix dans le foyer ; temple miniature où l’harmonie et l’osmose au sein du couple et de la famille tentent perpétuellement d’exister.

Puis la flamme de la Ménorah, lumière divine qui passait à travers les fenêtres du Temple. Elles étaient conçues étroites à l’intérieur et larges à l’extérieur afin que la lumière puisse irradier vers le monde.

Et enfin les bougies de Hanouka. Fête des lumières par excellence, elles sont là pour rayonner. Pourtant si les flammes de Hanouka éclairent, ce n’est pas leur raison d’être puisqu’il est possible de faire la bénédiction même si elles sont cachées de l’extérieur, comme à l’époque où il était dangereux d’allumer la hanoukia. On comprend alors que leur seul objectif est d’exister.

Eclairer pour donner, éclairer pour se propager et éclairer tout simplement. Trois niveaux, trois paliers, trois étapes.

Mais de quoi parlons-nous ?

Comme pour toutes les mitsvot de la Torah il y a là un message profond. Guide essentiel de nos vies, la Torah nous dévoile plus que ce qu’elle nous enseigne. Qu’il s’agisse de notre santé, de l’éducation des enfants, de notre vie professionnelle, de nos relations avec autrui… elle participe pleinement à notre équilibre au quotidien. Mais plus que tout, elle est notre lien avec Dieu. Et l’accomplissement de ses commandements démontre notre amour pour Lui. Un amour pur et vrai, sans intérêt ni retour.

Ce même amour qui est à l’origine de la jalousie des grecs pour le peuple juif. Cette même étincelle qui transcende les générations depuis la nuit des temps. Cette même flamme qui continue d’éclairer sans perdre de son intensité. C’est de cet amour dont nous parlons. Celui que nous ne pouvons atteindre en brûlant les étapes.

Celui qui se construit en passant par ces trois niveaux d’amour :

          « Tu aimeras Hachem, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton pouvoir »

Le premier niveau d’amour est celui de l’intérêt. On va aimer son prochain pour ce qu’il va nous apporter. Tout comme la femme allume ses bougies de Chabbath pour la paix qu’elles vont apporter dans sa maison.

Le second niveau est celui du bonheur d’être lié et heureux ensemble. Semblables aux bougies du Temple qui éclairent l’extérieur et unissent le peuple juif au monde.

Et le troisième niveau est celui de l’idéal. La flamme est là, puissante, profonde, extraordinaire. Elle rayonne pour le seul fait d’exister. A l’image des bougies de Hannouka.

Dans nos vies de tous les jours

Nous sommes conditionnés pour vivre un amour passionné. Une histoire magique qui va nous emporter comme dans les films romantiques. Nous sommes aveuglés par des contes mythiques depuis notre enfance. Personne ne nous apprend qu’en fait la relation d’amour est un processus en mouvement qui passe par différents stades. Nous recherchons d’emblée le niveau d’amour le plus haut, l’amour idéalisé, celui de Hannouka.

Les lumières de la Torah sont là pour éclairer notre chemin, et tels des spots lumineux, elles nous indiquent le parcours à suivre pour atteindre le troisième niveau.

D’abord l’intérêt. Recherchons ce qui nous plaît chez l’autre, créons des raisons de s’aimer, des occasions de se plaire, des endroits pour se souvenir. Ce premier stade est essentiel et nécessaire. Il doit d’ailleurs sans cesse se renouveler pour attiser la flamme. Identique à l’allumage des bougies de Chabbath que nous allumons chaque semaine, chaque vendredi, sans arrêt.

Ensuite nous atteindrons la deuxième étape, le niveau qui nous lie à l’autre, qui nous rassure et nous rend heureux. On va s’aimer parce qu’on est bien ensemble. Pareil à la lumière du Temple qui rassure le monde extérieur par son rayonnement.

C’est dans la construction de cet amour à travers les deux étapes précédentes que nous pourrons nous élever au troisième niveau d’amour. Celui que l’on pourrait qualifier d’indifférent et qui pourtant resplendit de tendresse, de passion, d’affection, l’amour tout simplement.

N’imaginez pas arriver à ce stade sans passer par la case départ 😉  vous seriez déçus et sans cesse frustrés.

Ne comptez pas non plus vous arrêter en chemin, car alors vous ne serez jamais rassasiés et une part de vous n’atteindra jamais les profondeurs auxquelles elle aspire.

Le chemin est ainsi fait. A vous de jouer.

Plus personnellement

Nous retrouvons ces trois niveaux d’amour dans l’étude de la Torah.

Le premier niveau d’étude, nous apprenons les lois pour savoir comment agir en tant que Juif, comment manger casher, comment éduquer nos enfants, comment se conduire avec son conjoint…construire un foyer casher.

Le second niveau d’étude nous permet de créer notre lien avec Dieu. Nous lier plus intimement à Ses commandements, aspirer Sa lumière.

Le troisième et dernier niveau est celui de l’étude pour étudier. Sans retour. Sans intérêt. Parce que Dieu nous l’a demandé. Il représente notre amour pour Lui. Un amour qui dépasse l’intellect et la raison. Un amour au-delà de tout.

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